Trois films pour le prix d’un aujourd’hui ! Et ça va parler hommes (et pas n’importe lesquels : s’il y avait eu Jude Law, j’avais mon triplé gagnant…). Trois regards sur l’homme (le mâle) dans son rapport au monde et à la passion.
A serious man, tout d’abord, un film doux et excellent. De ceux dans lesquels il ne se passe pas tant de choses, sans fusillade, sans explosion, sans femme aux avantages rebondis, sans jeux de mots dévastant vos synapses. Rien, mais tant de choses aussi. De ces films qu’a pu faire Woody Allen, qu’il aurait pu faire d’ailleurs, mais ce sont les frères Coen qui s’y sont collés, avec maestria.
Cet homme sérieux, c’est Larry Gopnik, professeur de physique à l’université de Minneapolis qui voit en quelques jours sa femme lui demander le divorce, une titularisation lui passer sous le nez, se proposer une enveloppe pleine de billet par un étudiant, son fils accomplir sa bar mitzvah, sa fille sombrer dans la monomanie et son frère être accusé par deux fois de pratiques répréhensibles dans l’Etat. Tout semble s’écrouler progressivement, dans une profusion digne des histoires juives mais avec une sorte d’intense tristesse teintée de normalité, de soulagement presque. Tout doit aller de plus en plus mal, on ne sait pas pourquoi, mais on s’y attend. Le principe d’incertitude.
Le film est donc teinté à la fois de nostalgie, celle d’un temps où tout allait comme sur des roulettes, et d’un certain fatalisme que Larry essaie pourtant de refuser car il veut comprendre ce qui a « cloché ». Tout comme le spectateur veut savoir ce qu’il a « fait » pour « mériter » ça… Jamais on ne le sait, et aucun des rabbins qu’il voit (dont l’acteur jouant Howard Wolovitz dans The Big Bang Theory) ne lui apporte le réconfort nécessaire ou la réponse attendue. Un tourbillon, tel la tornade finale, qui donne à voir chacun de nous aux prises avec la vie, tout simplement.
A single man, plus lent, trop long mais esthétiquement superbe et, surtout, extrêmement délicat. Cette histoire d’un homme ayant perdu son conjoint est à la tendresse ce qu’In the Mood for Love est au désir : une ode. Colin Firth est (beau, fort, chaud, on se roulerait en boule contre lui pour n’en faire qu’une bouchée !) tout en finesse, parvenant à créer un personnage profondément attachant, marqué lui aussi par la nostalgie, assiégé par cette nécessité de se reconstruire que lui impose le monde extérieur et qu’il ne comprend au fond pas vraiment.
Une reconstruction toute en finesse d’une histoire d’amour vue sous un seul angle, l’autre est mort, la découverte, la confiance, la sérénité, jusqu’à la solitude du souvenir. Julianne Moore, qui joue l’amie de toujours et l’ancienne maîtresse à l’affût d’une possible « reconversion » hétérosexuelle, est agaçante pour le spectateur (empruntée, joueuse, son personnage est « collant ») et pour l’ami qui veut qu’on le laisse lui aussi partir. Belle histoire, bien jouée et bien sentie.
L’affiche la plus laide de tous les temps. Ou presque.
Enfin, I love you Phillip Morris… Une aventure sympathique, dans laquelle mon véritable seul regret est que Jim Carrey en ait le rôle principal : sérieusement, ses (rares pourtant) mimiques et sa gestuelle si connue (la même que dans le navet Braqueurs amateurs, au sujet pas si lointain finalement, l’arnaque) sont absolument déplacées. On se demande ce qui a poussé à le choisir pour le rôle principal de cette mignonne histoire d’amour où lui, Steven Russell, tombe amoureux en prison de son codétenu, Phillip Morris. Il fait tout pour le combler, l’aimer, le chérir, jusqu’à frauder, arnaquer et mentir parce que c’est la seule chose qu’il sait faire.
Si les rebondissements, alourdis par les grimaces de Jim Carey, lassent, heureusement Phillip Morris est joué par Ewan McGregor (beau, fort, chaud, on se roulerait en boule contre lui pour n’en faire qu’une bouchée !), terriblement naïf, mignon, sensuel, grignotable à souhait. Là où j’ai été déçue, c’est que cette histoire d’amour fou que l’on devine par moments, de dévouement et de passion enjouée, est amenuisée et gâchée parce qu’on a voulu en faire une histoire drôle. Et là, non…
J’ai vu un autre film avec Ewan McGregor, mais ne nous grisons pas trop d’un coup…
Ah ben oui…

